Guy LAFAY est éleveur de vaches charolaises à VIVANS dans le Roannais. Il a repris l'exploitation familiale avec son frère il y a plus de 15 ans déjà. Ses vaches sont vendues en Label Rouge, les génisses sont gardées pour le renouvellement du troupeau et les jeunes mâles (les broutards) sont exportés vers l'Italie.

Comment sont nourris vos animaux ?
GL : Sur les 180 hectares de l'exploitation, 32 sont cultivés en blé et 8 en maïs. Ces céréales sont données aux animaux. Les 140 hectares restants sont des prairies, utilisées pour faire pâturer les animaux ou pour produire du foin pour l'hiver : du 01/11 au 15/04 environ, pendant la mauvaise saison, on rentre les animaux à l'étable.

Toute leur alimentation est végétale, et essentiellement produite sur l'exploitation : on achète juste un peu d'oléagineux (colza, soja) pour équilibrer les rations en protéines.

- Et en ce qui concerne la traçabilité, quelles sont les contraintes ?
GL : A la naissance, on donne un numéro au veau. Et dans les 48 heures, on doit le déclarer à l'EDE (Etablissement départemental de l'élevage). L'EDE lui attribue alors un numéro d'identification unique au niveau national, et imprime une sorte de carte d'identité : le DAB (document d'accompagnement bovin). Ce DAB suit l'animal toute sa vie, et récapitule : les coordonnées du cheptel de naissance et de tous les cheptels où l'animal est passé pendant sa vie, le numéro individuel d'identification, la date de naissance, le sexe, et les races des parents. L'EDE vient ensuite mettre une boucle à l'oreille du veau, sur lequel est repris son numéro d'identification.

Chaque mouvement d'animal (vente, achat, mort...) doit être signalé dans les 7 jours à l'EDE.

Et c'est tout au niveau de l'exploitation, si ce n'est que je tiens un registre où je reprends toutes ces informations.

- Quelle est la particularité de l'élevage en Label Rouge ?
GL : Tout d'abord, on s'engage à respecter un certain nombre de points, comme un contrat, en ce qui concerne le bien-être des animaux, des normes au niveau des bâtiments, sur l'alimentation et surtout on tient une comptabilité précise pour tout ce qui est des traitements sanitaires.

Quand on décide de s'engager dans cette démarche, on a un premier contrôle pour voir si on respecte bien tous les critères, puis on a un contrôle tous les ans.

- Pourquoi vous êtes vous engagés dans ce type de démarche ?
GL : Et bien ça remonte à une dizaine d'années : on voulait surtout s'assurer des débouchés réguliers, et une bonne valorisation de notre travail. Avec les crises qui se sont succédées, on voit qu'on a fait le bon choix : les consommateurs ont largement montré qu'ils étaient favorables aux viandes de qualité, et surtout on a un bon maintien de nos ventes, tant sur le prix que sur les volumes.

- Pour vous, quelles sont les conséquences de la crise de la vache folle ?
GL : On peut dire qu'on a de la chance par rapport à certains... Pour les femelles en Label Rouge, on n'a pas de problème de débouchés. Par contre pour nos broutards, c'est pas aussi facile. Heureusement on a vendu l'essentiel au mois de septembre avant la deuxième crise, mais il nous en reste une dizaine et on sait pas ce qu'on va en faire. L'Italie et l'Espagne n'importent plus, parce que leurs étables sont pleines de taurillons, suite à l'engorgement dû à l'obligation des tests sur les animaux de plus de 30 mois et à l'insuffisance des labos agréés. C'est un vrai problème, général à la Loire, car on est historiquement un département qui produit des mâles à l'exportation.

Et les Français ne consomment pas ce type de produit. La solution serait de se restructurer, pour castrer les mâles, et les engraisser pour en faire des boeufs. Mais ça demande beaucoup d'investissements, et dans un contexte de crise, on n'en a plus les moyens...

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